Préparer sa retraite quand on est indépendant, ce n’est pas seulement mettre de côté chaque mois. C’est devoir arbitrer entre sécurité, performance et temps disponible, avec des revenus qui varient et des semaines où le suivi d’un portefeuille est tout simplement impossible. Le Plan d’Epargne Retraite est devenu l’outil de référence parce qu’il permet de capitaliser sur le long terme tout en bénéficiant d’un cadre fiscal avantageux. Mais une fois le contrat ouvert, tout se joue dans la façon de le gérer au quotidien.
Tous les contrats multisupports fonctionnent sur la même base : une poche sécurisée en fonds euros dont le capital est garanti par l’assureur, et une poche en unités de compte qui vise de la performance sans la garantir. La vraie question est donc de savoir qui fait les arbitrages entre les deux. C’est là que la distinction entre gestion libre et gestion pilotée prend tout son sens. Pour comprendre concrètement ce que recouvre la délégation, on peut regarder le fonctionnement du PER gestion pilotée proposé par la Mutuelle Médicis : les arbitrages sont confiés à une société de gestion professionnelle qui ajuste l’allocation selon votre horizon de départ et votre profil.
L’essentiel en 30 secondes
- Le principe : Le PER multisupport combine fonds euros sécurisé et unités de compte dynamiques. Le mode de gestion détermine qui arbitre entre les deux.
- La gestion pilotée : Vous déléguez. Un gérant applique une grille définie selon votre âge de départ et votre profil Prudent, Equilibre ou Dynamique.
- La gestion libre : Vous décidez. Vous choisissez vous-même chaque support et vous déclenchez vous-même les arbitrages.
- Le bon choix : Il dépend de trois facteurs simples : le temps que vous pouvez y consacrer, votre aisance avec les marchés financiers et votre horizon de retraite.
Le PER multisupport, le cadre commun aux deux modes
Avant de choisir un mode de gestion, il faut comprendre ce que vous achetez. Le PER individuel est une enveloppe. A l’intérieur, l’épargne n’est pas placée sur un seul produit. Elle est répartie entre différents supports listés dans les conditions générales du contrat.
D’un côté, le fonds en euros. Son rôle est clair : sécuriser le capital. Les intérêts annuels viennent s’ajouter définitivement à l’épargne. De l’autre, les unités de compte. Ce sont des supports adossés aux marchés financiers : fonds actions, obligations, immobilier, fonds patrimoniaux. Elles offrent un potentiel de rendement supérieur sur le long terme, mais avec un risque de perte en capital. C’est la proportion entre ces deux poches qui va déterminer la performance et la volatilité de votre épargne.
Chez Médicis, comme chez la plupart des acteurs, cette enveloppe multisupport peut être gérée de deux façons. Et le contrat prévoit que vous pouvez changer de mode en cours de vie, selon des modalités et des frais éventuels prévus au contrat. Ce point est important pour un indépendant dont la disponibilité évolue avec l’activité.
Gestion pilotée : déléguer l’allocation à un professionnel
En gestion pilotée, vous ne choisissez pas les fonds un par un. Vous choisissez un profil et un horizon. C’est ensuite la société de gestion mandatée qui s’occupe du reste.
Dans le cas du PER Médicis Multisupport, la gestion est confiée à Sienna Gestion. Sienna est une société de gestion d’actifs qui applique pour le compte de Médicis une grille d’allocation préétablie. A l’adhésion, vous définissez un profil : Prudent pour privilégier la sécurité, Equilibre pour un compromis, Dynamique pour chercher plus de performance. Vous indiquez aussi votre horizon, c’est à dire l’année prévue de votre départ à la retraite.
Le mécanisme est ensuite automatique. Plus votre départ approche, plus la part en fonds euros augmente et la part en unités de compte diminue. C’est ce qu’on appelle la sécurisation progressive. L’objectif est d’éviter de subir une forte baisse des marchés juste avant de débloquer l’épargne. Vous n’avez pas à surveiller les marchés ni à déclencher vous-même les arbitrages.
Ce pilotage n’est pas une gestion opportuniste où un gérant prendrait des paris au jour le jour. Il suit strictement la grille du profil que vous avez choisi. C’est un cadre normé, lisible et adapté à ceux qui n’ont ni le temps ni l’envie de suivre la bourse. Les frais liés à ce mandat de délégation sont indiqués dans la notice du contrat, en plus des frais de gestion propres à chaque support.
Gestion libre : garder la main sur chaque arbitrage
La gestion libre est l’option inverse. Ici, vous formulez le choix explicite de ne pas déléguer. Vous reprenez la main sur chaque versement et sur chaque arbitrage.
Concrètement, vous décidez vous-même de la répartition : 60 % en fonds euros et 40 % en unités de compte par exemple, ou tout autre dosage permis par le contrat. Vous sélectionnez individuellement les supports dans la liste disponible. Vous choisissez aussi le moment où vous sécurisez. Si vous anticipez un besoin de liquidité ou si vous voulez réduire le risque à l’approche de la retraite, c’est à vous de le faire.
Ce mode offre un contrôle total. Il permet d’ajuster finement l’exposition aux actions, de surpondérer l’immobilier ou de tester un fonds thématique si votre contrat le propose. Il supprime aussi les frais de mandat liés à la gestion pilotée, même si les frais de gestion des fonds eux-mêmes et les éventuels frais d’arbitrage restent dus.
Le point de vigilanceEn gestion libre, la responsabilité de l’allocation repose entièrement sur vous. Si vous oubliez de sécuriser votre épargne avant la retraite et que les marchés baissent au mauvais moment, votre capital disponible au moment du déblocage peut être directement impacté. C’est le risque le plus fréquent constaté chez les épargnants très occupés.
Comment trancher quand on est indépendant ?
Pour un chef d’entreprise ou un freelance, le critère numéro un n’est pas toujours la performance pure. C’est la régularité du suivi. Vous pouvez avoir des mois très chargés où vous ne regardez pas une seule fois votre épargne. Dans ce cas, la gestion pilotée apporte de la continuité.
Pour y voir plus clair, posez-vous quatre questions :
- Quel temps réel pouvez-vous y consacrer ? La gestion libre demande un suivi au moins une à deux fois par an. La gestion pilotée fonctionne sans intervention de votre part.
- Quelle est votre aisance avec les marchés ? Sélectionner des supports suppose de comprendre la différence entre un fonds actions Europe et un fonds obligataire, et d’assumer la volatilité. Sinon, déléguer à un cadre professionnel est plus serein.
- Quel est votre horizon ? Plus votre départ est lointain, plus vous pouvez vous permettre une part dynamique au début. C’est exactement ce que modélisent les grilles horizon retraite.
- Quelle est votre tolérance au risque ? Si les variations de marché vous empêchent de dormir, un profil Prudent ou une forte part en fonds euros sera plus adapté, quel que soit le mode.
Il n’y a pas de mode supérieur par nature. Il y a un mode plus adapté à votre organisation. Beaucoup d’indépendants commencent d’ailleurs en gestion pilotée pour lancer la machine, puis basculent une partie en gestion libre quand ils veulent personnaliser. L’inverse existe aussi : commencer en libre et déléguer quand l’activité s’intensifie.
Dans tous les cas, lisez attentivement le relevé annuel de frais et la liste des supports éligibles !
