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2,9 millions de millionnaires en France : voici pourquoi vous pourriez en faire partie

La France compte 2,897 millions de millionnaires. Plus que l’Allemagne, plus que le Japon, plus que le Royaume-Uni. Sur le podium mondial, l’Hexagone décroche la médaille de bronze, juste derrière les États-Unis et la Chine.

Surprenant pour un pays qu’on aime décrire comme allergique à la richesse, non ?

Sauf que derrière ce chiffre flatteur se cache une réalité beaucoup moins glamour. Nos millionnaires ne sont pas forcément ceux que vous imaginez. Pas de yachts, pas de jets privés, pas de start-up revendue des millions. La plupart sont devenus riches sans rien faire de spécial. Et c’est là que l’histoire devient intéressante.

Voici ce que révèlent les derniers chiffres mondiaux, et pourquoi ils en disent long sur la France.

Façade d'un immeuble haussmannien parisien illustrant le patrimoine immobilier des millionnaires français

Comment la France a grimpé sur le podium des millionnaires

Le chiffre vient du Global Wealth Report d’UBS, la référence mondiale sur le patrimoine des particuliers. Cette étude scrute la richesse de 56 pays et couvre plus de 92 % de la fortune de la planète. Autant dire qu’on est sur du solide.

Le classement à fin 2024 est sans appel. En tête, les États-Unis écrasent tout avec 23,8 millions de millionnaires. La Chine suit loin derrière, à 6,5 millions. Et la France complète le trio de tête avec ses 2,897 millions.

Mais attention au mot « millionnaire ». Il ne veut pas dire ce que vous croyez.

Le seuil retenu, c’est 1 million de dollars de patrimoine net. On additionne tout : l’immobilier, les placements, les objets de valeur. Puis on retire les dettes. Si le total dépasse le million de dollars, vous êtes officiellement dans le club.

🤔 Le saviez-vous ? Le seuil est calculé en dollars, pas en euros. Résultat : un million de dollars ne représente « que » 870 000 euros environ au taux de change de 2025. Un patrimoine peut donc franchir la barre du million simplement parce que le dollar a bougé. Pas parce que la personne est devenue plus riche.

Le secret des millionnaires français ? Leur appartement

C’est ici que la médaille de bronze perd un peu de son éclat.

La grande majorité des riches français appartiennent à une catégorie bien précise : les « Everyday Millionaires », ou EMILLIs. Comprenez : des gens avec un patrimoine compris entre 1 et 5 millions de dollars. Des millionnaires du quotidien, en somme.

Et leur fortune, ils ne l’ont pas bâtie en montant une entreprise. Ils l’ont accumulée en dormant. Plus précisément, grâce à la pierre.

Beaucoup de Français ont acheté un bien il y a 20 ou 30 ans. Depuis, les prix de l’immobilier se sont envolés. Leur appartement parisien ou leur maison de famille a pris une valeur folle. Sans qu’ils lèvent le petit doigt, ils sont devenus millionnaires sur le papier.

Le revers de la médaille est net. La France peine à fabriquer de vraies grandes fortunes par l’entrepreneuriat, les licornes ou les PME qui exportent. Notre richesse repose sur le patrimoine immobilier et l’héritage, pas sur l’innovation qui crée des empires.

Du coup, une question revient sans cesse. À partir de quand est-on vraiment riche dans l’Hexagone ? Les seuils de richesse établis par l’INSEE donnent des repères bien plus parlants que ce fameux million en dollars.

💡 L’essentiel : Être millionnaire en France rime souvent avec « propriétaire depuis longtemps ». C’est une richesse de patrimoine, pas une richesse de revenus. Vous pouvez tout à fait être millionnaire sur le papier et galérer à boucler vos fins de mois.

Pendant ce temps, les vrais riches font leurs valises

Voilà le deuxième twist de cette histoire. Pendant que le nombre de millionnaires français grimpait, les plus fortunés, eux, ont commencé à plier bagage.

En 2025, la planète a connu un mouvement inédit. Près de 142 000 millionnaires étaient attendus pour changer de pays sur l’année, selon le rapport de mobilité de Henley & Partners. Un record absolu.

La France, elle, s’est retrouvée dans le camp des perdants. Le pays devait voir partir environ 800 contribuables fortunés sur l’année, ce qui le plaçait au 7e rang mondial des pertes. À la clé, un manque à gagner estimé à 4,4 milliards de dollars. Chacun de ces partants emportait en moyenne 5,5 millions de dollars dans ses bagages.

Où vont-ils ? Vers les Émirats arabes unis, l’Italie, la Suisse. Des destinations à la fiscalité plus douce.

Attention à ne pas tout mélanger ici. D’un côté, le nombre total de millionnaires français a grimpé jusqu’à fin 2024, porté par l’immobilier. De l’autre, le pays a perdu des résidents fortunés en 2025. Ce sont deux choses différentes : un stock qui gonfle, et un flux qui s’échappe.

⚠️ À nuancer : Le chiffre des 800 départs est une projection du cabinet Henley, pas un décompte officiel de l’administration. Il repose sur une estimation. À prendre comme une tendance, donc, et non comme une vérité gravée dans le marbre.

Un raz-de-marée d’héritages se prépare

Si vous trouvez le nombre de millionnaires impressionnant aujourd’hui, accrochez-vous. Le plus gros est encore devant nous.

UBS prévoit l’arrivée de 5,34 millions de nouveaux millionnaires dans le monde d’ici 2029. Soit une hausse de près de 9 % par rapport à 2024.

Mais le vrai séisme est ailleurs. Dans les 20 à 25 prochaines années, plus de 83 000 milliards de dollars vont changer de mains. C’est ce que les experts appellent le « grand transfert de richesse ». Une vague d’héritages d’une ampleur jamais vue, où les fortunes des générations vieillissantes vont basculer vers leurs enfants.

Une partie de cet argent, environ 9 000 milliards, passera aussi d’un conjoint à l’autre. Avec les femmes en première ligne des bénéficiaires.

Reste que tout cet argent ne tombe jamais dans les poches sans escale. Avant d’arriver aux héritiers, il passe par la case fiscale, et mieux vaut savoir ce que l’État prélève sur un héritage pour ne pas avoir de mauvaise surprise.

Reste une question que personne ne tranche vraiment. Tous ces nouveaux millionnaires le seront-ils par mérite, ou simplement parce qu’ils auront eu la bonne idée de bien choisir leurs parents ? En France, au vu du poids de l’immobilier et de l’héritage, le pari n’est pas bien risqué.

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